André et Yvonne
Les parents de Michèle LEROI
André
André Marcel LEROI est né le 29 novembre 1920 à Saint-Aubin-de-Locquenay, Sarthe. Ses parents étaient Alphonse Marcel LEROI (1888-1957), boulanger et Adèle Charlotte AMIARD (1891-1977), femme de boulanger et ancienne aubergiste.
Marcel était issu d’une famille saint-aubinoise depuis plusieurs générations, son père Adrien Alphonse (1850-1925) était déjà boulanger et sa mère Léonie AMIARD (1855-1901) cafetière. Adèle de son côté venait de Douillet-le-Joly tout comme sa sœur Marie-Louise, qui épousera Gaston MILET en 1921.
Marcel et Adèle se marient à Saint-Aubin le 25 août 1919. Ils sont alors propriétaires de la maison Leroi, de la ‘petite maison’ ainsi que de quelques parcelles autour. Ils partent rapidement s’installer boulangers à Paris, 11 rue Frédéric Sauton dans le 5e arrondissement, à deux pas des berges de la Seine d’où on peut voir Notre-Dame. Voir la page Leroi à Paris.
L’année suivante, Adèle revient à Saint-Aubin donner naissance à leur premier et unique enfant André. Celui-ci reste en nourrice à Saint-Aubin chez Maria DEBRAY, originaire de Moitron-sur-Sarthe, et Adèle rejoint à nouveau son mari à Paris.
Selon toute probabilité, André fait ses premiers pas à Paris au moment de sa scolarité primaire. On dispose d’une photo de classe de l’année 1926/1927 de l’école primaire 30 rue Saint-Jacques où André est présent, entouré de trois enseignants et d’une quarantaine de congénères.
La boulangerie tourne bien pendant plusieurs années, mais Marcel est atteint par un zona, et doit renoncer à poursuivre son activité. Le fond de commerce est vendu en avril 1930 aux époux AUBRY, et les LEROI rentrent à Saint-Aubin. Marcel a perdu la mémoire et reste handicapé jusqu’à son décès en 1957.
Adèle doit s’occuper de son fils quasiment seule, bien qu’aidée probablement par sa sœur Marie-Louise et son beau-frère Gaston MILET qui tiennent le café depuis qu’en 1921 Adèle Aimée LEDUC (mère d’Adèle et de Marie-Louise) leur ait cédé le fond de commerce. Le couple MILET n’ayant pas eu d’enfant désignera plus tard André et Yvonne comme leurs seuls héritiers.
En âge d’entrer au collège, André rejoint l’établissement Saint-Louis, rue Auvray au Mans. Après quelques années de vie scolaire assez mouvementée, il doit changer d’école et se retrouve alors au lycée Montesquieu, à deux pas de la cathédrale Saint-Julien, où il obtient son baccalauréat en 1940.
En 1940-1941 il fait sa première expérience en tant qu’enseignant : il est instituteur à l’école de Saint-Célerin, village de la taille à Saint-Aubin, à une bonne vingtaine de kilomètres au nord-est du Mans, un peu au sud de Bonnétable.
Pendant les deux années suivantes, de 1942 à 1944, il poursuit son travail au sein de l’Education Nationale en devenant maître d’internat – ou « pion » comme on disait plus volontiers – au lycée de garçons d’Evreux, en compagnie de deux collègues, Marcel CHEVAUCHERIE et ? GODEFROY. Au-delà des heures de service, les occupations favorites du trio auraient été le jeu de poker et la séduction des jeunes filles. Une certaine Yvonne BEAUCLAIR était alors en terminale.
Yvonne
Yvonne Marie Louise BEAUCLAIR est née le 23 juin 1925 à Evreux, Eure. Ses parents étaient Edouard BEAUCLAIR (1889-1979), employé de banque et Geneviève PALMANTIER (1901-1984), sans profession.
Edouard était issu de parents cheminots originaires de la région de Conlie dans la Sarthe ; il est né à Domfront-en-Champagne. Son père Edouard Constant BEAUCLAIR (1868-1958) et sa mère Henriette DESNOS (1868-1938) déménagent dans l’Eure vers 1892, et après une période dans la région de Pacy-sur-Eure où Henriette était garde-barrière, ils s’installent finalement à Venables, où Edouard Constant est poseur de rails puis aiguilleur.
Les parents de Geneviève étaient Mary-Armand PALMANTIER (1871-1945), originaire de Bonnières, Yvelines et employé à la maire d’Evreux, et Marie-Louise THIBOULT (1875-1931), née à Evreux mais dont la plupart des ascendants venaient de Venables et des environs.
C’est suite à sa démobilisation en 1918 qu’Edouard, hospitalisé à Evreux, rencontre sa future épouse qui était visiteuse avec sa mère. Ils se marient à Evreux en 1919.
Yvonne passe toute sa jeunesse à Evreux, tout comme sa sœur Paulette, de trois ans son aînée. Ses grands-parents maternels habitent 43 rue Saint-Thomas, et ses parents 21 rue des Lombards. Ses grands-parents sont également propriétaires de plusieurs maisons autour de la cour qui relie la rue Saint-Thomas à la rue Isambard, ainsi que d’une maison familiale Impasse de la Poste à Bonnières-sur-Seine, Yvelines qui servira de résidence de vacances aussi bien aux parents d’Yvonne qu’à Yvonne et André et leurs enfants jusque dans les années 1980.
De 1931 à 1936 Yvonne fait ses études primaires à l’école du quartier. En 1936, elle entre au collège Dupont de l’Eure, place Dupont de l’Eure.
En juin 1940 la ville d’Evreux est bombardée, et la famille part en exode pendant un mois et demi à Gaillac dans le Tarn (voir la page Beauclair en exode). Ils rentrent après le 15 août pour retrouver leur maison qui est restée debout. Une partie de la maison sera cependant occupée par des soldats allemands par la suite.
C’est suite à l’installation des troupes allemandes dans son collège en 1941 que les jeunes élèves ont été transférées vers le lycée de garçons pour poursuivre leur scolarité, et ainsi Yvonne a rencontré André.
Pendant deux années, de 1941 à 1943, André et Yvonne ont donc eu l’occasion de se rencontrer dans le cadre de la vie lycéenne. On ne sait pas dans quelles conditions cette relation a été établie, ni comment elle s’est poursuivie.
Dès l’été 1943, leurs chemins bifurquent. Yvonne a été reçue au baccalauréat, André quitte son poste de pion. En 1943-1944, Yvonne est institutrice à Mouettes, Eure (près d’Ivry-la-Bataille), et André travaille comme garçon de ferme non loin de son Saint-Aubin natal car « réfractaire au STO ».
Au cours des deux années suivantes (1944-1946) leurs activités respectives sont encore très éloignées : Yvonne enseigne les mathématiques en classe de 3e tout près du domicile familial dans l’établissement privé Marie-Cécile (rue Saint-Pierre, Evreux) ; André est maître d’internat au lycée Aveline d’Alençon (qui deviendra lycée Alain en 1956 et sera transféré boulevard Mézeray à son emplacement actuel en 1963).
On ignore encore tout de la façon dont ils ont maintenu le contact pendant cette période, seule une lettre de 1947 atteste que la relation dure.
En 1946 et jusqu’en 1950, André travaille dans l’entreprise de plomberie mancelle Feuerstoss en tant que secrétaire de direction.
Ils se marient à Evreux en décembre 1947.
Vie commune
Dès 1947 ils s’installent au Mans, d’abord avenue du Général Leclerc (qui s’appelait alors avenue Thiers), puis rue de la Fuie. Leur première fille Michèle naît au Mans en mars 1948 et la seconde, Nicole, en janvier 1950.
Pendant l’année 1949-1950, Yvonne enseigne dans une école dans le bas du Greffier, près du Pont de Fer, et sa fille aînée est en garde chez une vieille dame habitant le quartier. André prépare pendant ce temps le concours d’entrée dans la fonction d’archiviste, qu’il réussit.
En 1951 ils quittent Le Mans pour rejoindre Rouen où pendant 12 années André travaillera comme sous-archiviste départemental rue de Crosne, sous la direction de François BLANCHET, responsable du service depuis 1941. La famille s’installe en centre ville, au 15 bis de la rue d’Ecosse, non loin de la gare. Les deux enfants feront leurs premiers pas scolaires à l’école Marie Houdemard deux rues plus loin, puis au lycée Jeanne d’Arc.
Yvonne reprendra une activité professionnelle seulement en 1956. Pendant une année elle enseignera à Oissel (banlieue sud-est de Rouen), puis dès 1957 jusqu’en 1966 aux Sapins, rue du Dr Seguin, sous la direction de Mme PANTIER. Ils quittent alors la rue d’Ecosse pour s’installer en location dans un appartement de l’immeuble Arromanches aux Sapins.
André reprend ses études à la faculté de Caen en 1960, et obtient sa licence d’histoire-géographie en 1963. Il quitte alors les archives départementales pour prendre un poste de professeur au lycée des Bruyères, à l’autre bout de la ville, établissement où il enseignera jusqu’en 1969, en tant que professeur certifié d’abord, puis professeur agrégé à partir de 1966. Pendant les années de préparation de l’agrégation d’André, sa participation à la vie familiale a été assez réduite.
C’est aussi en 1966 qu’ils quittent les Sapins. Yvonne prend la direction de l’école Marcel Cartier rive gauche, et bénéficie d’un logement de fonction d’abord à l’école Cavelier de la Salle boulevard d’Orléans, puis à l’école François Arago rue Amiral Cécille.
Au cours de l’année 1968-1969, sous l’impulsion de la proviseure du lycée des Bruyères, André s’inscrit sur liste d’aptitude à la fonction d’Inspecteur d’Académie, et obtient dès la rentrée 1969 le poste d’adjoint dans le département des Hauts-de-Seine. Il occupera ce poste pendant deux années. La première année le couple reste logé à l’école Arago à Rouen – André passe sa semaine en région parisienne et rentre en voiture le week-end, permettant ainsi à son futur gendre Jørund de faire le trajet avec lui pour rejoindre Michèle. En 1970-1971 ils occuperont un logement de fonction au collège Jules Verne à Rueil-Malmaison. Pendant cette dernière année, Yvonne sera conseillère pédagogique dans le département.
A partir de 1972, André bénéficie d’une promotion et prend la direction des services départementaux de l’Education Nationale à Alençon dans l’Orne, poste qu’il occupera jusqu’en 1980. Il sera logé dans un double appartement au 5e étage de la résidence Le Lyautey, boulevard de Strasbourg, en face de la caserne du Quartier Lyautey. La caserne a par la suite été transformée en siège du Conseil général puis départemental.
Pendant leur séjour alençonnais, Yvonne prend un premier poste d’institutrice à Saint-Germain-du-Corbéis pendant un an, puis devient directrice de l’école Robert Desnos à Alençon. En 1973 est ouverte l’école Molière dans le quartier de Perseigne, et Yvonne en prend la direction qu’elle garde jusqu’en 1980.
En 1975, André et Yvonne achètent en viager les propriétés de ses oncle et tante Gaston et Marie-Louise MILET à Saint-Aubin, qui comprennent leur maison dans le bourg (l’ancien café « A Saint-Eloi »), le jardin de l’autre côté de la route de Fort-Ecu, le terrain rue des Bercons, ainsi que quatre autres champs qui seront échangés contre le champ de Piquelasse lors du remembrement de 1987.
La mère d’André décède en 1977. Il devient alors propriétaire de la maison de sa mère, de la ‘petite maison’, du petit verger derrière, de la cave et du jardin de l’autre côté de la route de Fort-Ecu ainsi que du champ Les Neufs qui sera échangé contre le champ de Hottereau lors du remembrement de 1987.
Pour son dernier poste, André est nommé Inspecteur d’Académie d’Ille-et-Vilaine en résidence à Rennes à partir de 1980. Il restera dans ce poste jusqu’à son départ en retraite à l’automne 1985. Ils seront logés au titre d’appartement de fonction pendant une année au collège Anne de Bretagne, rue Martenot (tout près du parc du Thabor), puis au 13e étage de l’immeuble Le Penthièvre, 2 Villa Bourg L’Evêque. Yvonne a la possibilité de prendre un poste de directrice boulevard de Verdun à Rennes (l’école Ille), mais y renonce finalement et prend sa retraite dès 1980. Elle garde une activité de visiteuse de malades pendant quelque temps.
En 1984, c’est le décès de Geneviève, la mère d’Yvonne. Son père était déjà décédé en 1979. La succession se réalise dans des termes plus ou moins amiables avec Paulette, la sœur d’Yvonne ; la maison d’Evreux est mise en vente ainsi que quelque temps plus tard la maison de Bonnières dont Geneviève était devenue propriétaire. Yvonne hérite d’un garage rue Raymond Pochon ainsi que de deux petites parcelles de bois-taillis, le tout sur la commune de Bonnières-sur-Seine, Yvelines. Le garage a été vendu en 2011 à un habitant de la rue.
En 1985 André et Yvonne achètent un appartement au 27e étage de la résidence Le Colombier, place du Maréchal Juin à Rennes où ils s’installent ; André terminera son activité professionnelle quelques mois plus tard. Il continuera à œuvrer pendant quelques années au sein du Syndicat National des Inspecteurs d’Académie (devenu en 2012 Conférence Nationale des IA), ainsi qu’à l’AMOPA (Association des Membres de l’Ordre des Palmes Académiques).
Pendant plusieurs années, le couple vient au beau temps passer une période à Saint-Aubin dans la maison familiale. A partir de 2008, ils conservent l’appartement de Rennes mais vivent à plein temps à Saint-Aubin qui devient leur résidence principale.
André décède en juin 2012 au Mans suite à une longue période de soins à domicile puis de séjours hospitaliers au Mans et à Mamers. Il est inhumé au cimetière de Saint-Aubin-de-Locquenay.
Yvonne seule
Yvonne reste dans la maison de Saint-Aubin, mais avec l’avancée en âge se décide dès 2013 à vendre l’appartement de Rennes, éloigné des résidences de ses enfants dont elle devient peu à peu plus dépendante.
Elle achète la même année un appartement au 3e étage de la résidence Le Lyautey à Alençon, le même immeuble où ils avaient eu un logement de fonction quarante ans plus tôt, et s’y installe en tant que logement principal.
Pendant quelques années elle partagera son temps entre ce logement en hiver et la maison de Saint-Aubin l’été, puis à partir de 2018 résidera exclusivement à Alençon.
A partir de l’été 2021, ayant de plus en plus de difficultés à vivre seule dans son appartement malgré l’aide d’une femme de ménage et le soutien régulier de sa fille aînée, elle rejoint la résidence pour séniors Domitys à Alençon, d’abord en séjour temporaire puis à titre de résidente régulière. A l’été 2022, ayant fait plusieurs chutes, elle est prise en charge par les urgences du CH d'Alençon puis hospitalisée à Mamers. En juillet de la même année, elle rejoint l’EHPAD de Loué, non loin de sa 2e fille Nicole qui habite à Vallon-sur-Gée.
Yvonne restera plus de deux années dans cet EHPAD ; elle y décédera le 16 novembre 2024, et sera inhumée avec son mari et sa belle-famille dans le cimetière communal de Saint-Aubin-de-Locquenay le 25 novembre 2024.
Trajectoires

Les trajectoires d’André et Yvonne : André rejoint Yvonne à Evreux où ils se marient : ils partent ensuite pour Le Mans, Rouen, Rueil-Malmaison, Alençon puis Rennes pour les résidences professionnelles, puis enfin Saint-Aubin-de-Locquenay pour leur retraite.

André, 1e communion 1931 ; Yvonne enfant
Fratries
Fratrie d’André
André LEROI était fils unique.
Fratrie d’Yvonne
Paulette BEAUCLAIR est née le 16 mai 1922 à Evreux. En 1941 elle épouse Pierre TINETTE né en 1919. Pierre était électricien à EDF. Ils habitaient rue Isambard à Evreux.
Ils auront trois enfants : Jean Pierre né en 1943 qui a épousé Annick ROMUÉ (ils ont eu deux filles Nathalie et Isabelle), Annick qui a épousé Philippe LAROQUE (ils ont eu deux filles Marie-Aude et Sylvie) et Daniel né en 1948 qui a épousé Michèle HERVIEUX (ils ont eu une fille Anne). Daniel a un arbre sur Geneanet où on peut retrouver davantage d’ascendants et collatéraux de cette branche : http://gw.geneanet.org/27daniel
Les deux sœurs ne se fréquentaient pas beaucoup ; les ponts furent rompus au moment de l’héritage de leurs parents. Paulette et Pierre sont décédés tous les deux en 2010.

Yvonne et Paulette vers 1940