Les maisons du carrefour à Saint-Aubin
Il s'agit des maisons situées aujourd'hui au 2 et 2A rue du Fougeray ainsi que des terrains qui en dépendent.
La maison Leroi et le café
Avant 1830, le jardin le long de la route de Bois-Après appartenait au comte de Perrochel qui en avait hérité de son père ; le terrain du bourg aux époux BEAUVAIS-GUYAN qui l'avaient acheté au curé de Coudrecieux Jacques BIGOT et aux époux DURANT-MENANT en 1823.

Saint-Aubin-de-Locquenay, extrait du Plan terrier de 1784

Cadastre 1812
François BRUNEAU, maréchal ferrant, et sa femme Marie LEFÈVRE achètent en mai 1831 le jardin sur la route de Bois-Après – le Clos de la Vionerie – à René François HORTENSE, Comte de Perrochel, et en juin 1831 le terrain de la maison Leroi et du café appelé le Clos du Fougeray, à Michel Nicolas Marie BEAUVAIS et sa femme Joséphine Françoise Constance GUYAN.
Dans les années qui suivent, les époux BRUNEAU font construire les maisons du carrefour ainsi que les bâtiments du jardin (écurie et boulangerie).

Cadastre 1847
François BRUNEAU décède en 1853 et sa femme en 1861. Leur fille Anne BRUNEAU est l'unique héritière de leurs propriétés. Elle a épousé Alexis LIGNÉ, boulanger, de Beaumont-sur-Sarthe.
On ignore à quel moment l'auberge « A St. Eloi » a commencé son activité commerciale, mais on sait qu’en 1875, Félix LANDEAU est aubergiste et loue l'auberge à Alexis LIGNÉ.
En 1877, les époux LIGNÉ-BRUNEAU mettent en vente plusieurs propriétés sur Beaumont et sur Saint-Aubin. La propriété de Saint-Aubin est alors divisée en deux lots :
- Napoléon CHANTELOUP, sabotier à Saint-Aubin, achète la maison Leroi et la moitié du jardin en face divisé en longueur (moitié contenant l'écurie et la boulangerie). Napoléon CHANTELOUP a épousé Jeanne Perpétue LHERMENIER.
- Pierre Jacques LEDUC, charron, achète l'auberge St. Eloi et l'autre moitié du jardin (bordant la route de Bois-Après). Pierre Jacques LEDUC a épousé Adélaïde GARREAU en 1868. Ce sont les grands-parents maternels d'Adèle et Marie Louise AMIARD.
Les époux LEDUC-GARREAU tiennent l'auberge jusqu'en 1908 (ils sont cités comme aubergistes dans les recensements nominatifs de 1881 et de 1906).
En 1888, les époux CHANTELOUP-LHERMENIER étant décédés, leurs héritiers mettent en vente leurs propriétés dont l'ensemble maison et jardin de Saint-Aubin que Napoléon avait acheté en 1877. C'est Pierre LEDUC qui l'achète ; il est dorénavant propriétaire des deux maisons – le café et la maison Leroi – ainsi que de la totalité du terrain et des bâtiments en face.
Adèle Aimée LEDUC (fille des LEDUC-GARREAU et grand-mère d'André LEROI) épouse en 1890 Jacques François AMIARD. Ils s'installent comme fermiers à la Courteille à Douillet-le-Joly en mai 1890. Leurs filles Adèle puis Marie Louise y naissent en 1891 et 1892. Le 1er octobre 1908, Jacques François AMIARD prend la succession de Pierre LEDUC comme aubergiste à St. Eloi « pour son compte personnel et à titre de propriétaire ». Le 5 janvier 1914 Adèle Aimée LEDUC veuve AMIARD prend la gérance du débit de tabac.
En 1921, Adèle Aimée LEDUC cède le fonds de commerce à sa fille Marie Louise et son gendre Gaston MILET qui viennent de se marier la même année, et leur loue la maison du café. Adèle LEDUC décède en 1946. On ne connaît pas les détails de l’héritage qui a suivi, mais on peut raisonnablement penser que c’est alors que les LEROI (Alphonse Marcel et Adèle) et les MILET (Gaston et Marie-Louise) deviennent propriétaires de leurs maisons respectives.

Cadastre 1954
En 1963, le café est fermé définitivement, mais reste maison d'habitation pour les époux MILET jusqu'à leur décès (Marie Louise en 1979 et Gaston en 1991). En 1975, ils vendent la maison en viager aux époux LEROI-BEAUCLAIR. Ils n'ont pas eu d'enfants, et désignent André LEROI leur neveu et sa femme comme héritiers.
La "petite maison"
François BRUNEAU est décédé en 1853. Sa veuve Marie LEFEUVRE vend en 1859 - deux ans avant de décéder à son tour - une maison avec terrain à Jean HIRON (?-1865) et sa femme Anne Renée LHERMITTE (1821-1899). Anne LHERMITTE hérite d’une autre maison et d’un petit verger de ses parents François LHERMITTE (1798-?) et Renée LEBOUCHER (1794-1825). Ces propriétés sont celles situées de l’autre côté de la petite cour qui sépare les maisons Leroi de celles propriété aujourd’hui de la famille BREHINIER. C’est Anne LHERMITTE, veuve HIRON, qui fait construire la « petite maison » dans les années 1870-1880.
Les maisons passent de main en main pendant quelques années. En 1924, Joséphine SERGENT veuve GAUTIER et son fils vendent la petite maison et le verger derrière à Adèle Aimée LEDUC veuve AMIARD, la grand-mère maternelle d’André LEROI.
Réunion des trois maisons
André LEROI et Yvonne BEAUCLAIR sont venus occuper la petite maison lors des vacances au cours des années 1950-1970. Ils font les premiers travaux suite à l'héritage d'André de sa mère en 1977, afin de réunir la petite maison rénovée (enlèvement de l'escalier extérieur et aménagement du rez-de-chaussée) et la maison Leroi. Puis, suite à l'héritage d'André de ses oncle et tante Gaston et Marie Louise MILET en 1991, d'autres travaux sont entrepris permettant de réunir à la fois au rez-de-chaussée et à l'étage la maison Leroi au café.
André prend sa retraite en 1985. A partir de 2008 le couple habite la maison de façon permanente. Suite au décès d’André.en 2012 et jusqu’en 2018, Yvonne partage son temps entre son appartement à Alençon l’hiver et la maison de Saint-Aubin l’été.
A l’été 2022, suite à la rupture d’avec son compagnon William, la petite-fille d’André et d’Yvonne, Solveig LANGEN, s’installe dans la maison avec son fils Mats.

Vue d’ensemble des quatre parcelles (en vert, sauf la 0325 qui se limite à une construction) et des constructions concernées (en rouge brique) dans le carrefour au cadastre 2023. La rue qui sépare les parcelles est la route de Fort-Ecu, aujourd’hui rue du Fougeray ; en bas vers la gauche la route de Bois-Après, aujourd'hui rue des Bercons.
Suite au décès d'Yvonne en novembre 2024 et au partage qui s'en est suivi entre ses deux filles, c'est Michèle LEROI qui est devenue propriétaire de la maison.