La Martyre
Les QUILLIEN sont devenus Normands dès la fin du 19e siècle : l’arrière-grand-père de William, Fernand QUILLIEN (1888-1986), était né à Vernon, Eure. Mais auparavant ils étaient Finistériens : de Guillaume (1703-1771) à Yves Marie (1859-1932/) ils sont nés à La Martyre ou dans les environs.
La Martyre, située à une dizaine de km à l’est de Landerneau, est un village d’environ 800 habitants aujourd’hui, qui est intégré dans la Communauté d'agglomération du Pays de Landerneau-Daoulas qui en regroupe 40.000.
La foire de La Martyre
Au XIXe siècle, la foire de La Martyre était encore la plus importante de tout l'Ouest de la France et, à partir du 14 juillet 1843, jour de l'inauguration du premier hippodrome du département du Finistère, des courses célèbres de chevaux y furent organisées. Un texte de 1852 évoque l'importance de la foire de La Martyre : « La plus belle foire du département, et l'une des plus belles de France, la foire de La Martyre, se tient le second lundi de juillet (...). Ce qui lui vaut la réputation méritée dont elle jouit, c'est la grande quantité et la qualité des chevaux de trait léger qu'on y rencontre. Elle présente des chevaux de toute espèce, conduits de tout le département, mais en général peu de chevaux de selle. (...) Autrefois, on y exposait 7 à 8 000 chevaux ; aujourd'hui, ce chiffre, singulièrement réduit, ne s'élève plus qu'à 4 ou 5 000, mais cette réduction ne saurait être attribuée à une décadence ; elle est due aux achats journaliers que les marchands étrangers font dans les différentes communes (...). »
Pol Potier de Courcy écrit en 1843 dans le journal L'Océan que « le cachet propre et distinctif de cette foire (...), c'est d'avoir été le rendez-vous de toute la noblesse du pays, attirée là par ses plaisirs, ses affaires et parfois la politique ». Par exemple le marquis de Tinténiac, alors propriétaire du château de Brézal y venait en grand équipage : « Dès le matin, un fourgon, attelé de quatre magnifiques chevaux, transportait le service de bouche de Brézal à La Martyre. Des tables étaient dressées sous des tentes, dans un petit bois attenant au cimetière, et tous les gentilshommes, réunis par l'attrait de cette joyeuse fête, venaient y prendre place ».
Les courses de chevaux, par lesquelles la foire commençait, contribuèrent à la renommée de La Martyre pendant la seconde moitié du XIXe siècle et la première moitié du XXe siècle, puis elles périclitèrent, disparaissant en 1972. Pol Potier de Courcy a écrit en 1843 : « Les femmes les plus distinguées du pays ajoutent par leur présence à l’agrément de cette réunion ; et le prix des dames, offert par les mains de l’une d’elles, au cavalier vainqueur de la lice, comme aussi l’harmonie d’une musique guerrière, rappellent la reine de la beauté couronnant, au bruit des fanfares, le paladin des anciens tournois, et font remonter la pensée au temps héroïque de la chevalerie ».
Delannoy, recteur de La Martyre, écrit le 10 juillet 1865 dans le journal L'Océan : « À la foire de La Martyre, on accourait en foule de toutes parts et de fort loin pour chercher et acheter ce qu'on trouvait à peine ailleurs : orfèvrerie, argenterie, vaisselle plate, vases sacrés, ornements et autres objets d'église, bijoux, tissus, draperies et dentelles. Le tout était étalé avec art pour la concupiscence des yeux, sous des auvents ou appentis à demeure longeant des maisons métamorphosées elles-mêmes en autant de riches magasins (...). Naguère encore en 1860, le bourg conservait un remarquable vestige de ces auvents ou appentis, où s'étalaient les marchands étalagistes ». À partir de 1860 environ, la foire déclina et, vers la fin du XIXe siècle, elle ne dura plus qu'une seule journée, limitée essentiellement à la vente des chevaux.
Émile Souvestre décrit ainsi la foire aux chevaux de La Martyre vers 1836 : « Les plus beaux chevaux du pays se trouvaient réunis au nombre d'environ dix mille. L'immense champ de foire ne représentait qu'une mer mouvante de têtes d'hommes et d'animaux, d'où s'élevaient des jurements, des cris, des hennissements, dont le mélange formait une inextricable rumeur que l'on entendait de loin comme le bruissement des vagues ».
Le passage sur la foire est extrait de https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Martyre