Techniques de jeu

L’instrument est posé à plat sur une table ou sur les cuisses ou incliné à 45 - 60 degrés contre le ventre, le côté court de l’instrument (la corde la plus courte) vers le joueur. Dans le jeu classique, la paume ou le poignet de la main droite est posé(e) sur le ponsi, la main gauche du côté des clés d’accordage.

Position des mains (extrait d'une video de Maija Pokela)

Cordes pincées et arpèges

Le jeu classique des cordes pincées consiste à pincer successivement les cordes concernées avec les doigt des deux mains. Traditionnellement les cordes sont pincées 'vers le haut' de manière à prolonger leur vibration.
Le doigté classique est le suivant (1 = pouce, 2 = index, 3 = majeur, 4 = annulaire, 5 = auriculaire) ; les chiffres à gauche concernent la main gauche, ceux à droite la main droite :
Kantele 5 cordes :

Kantele 11 cordes :

Pour les notes les plus aiguës, les pouces des deux mains sont utilisés selon besoin. Ce doigté n’est qu’une base adaptable au morceau interprété.
Pour les arpèges, on mobilise le doigté ci-dessus pour pincer successivement les notes faisant partie de l’accord.

Accords

Le jeu d’accords consiste à muter les cordes à ne pas jouer avec les doigts de la main gauche, et d’arpéger assez rapidement l’ensemble (ou presque) des cordes avec un doigt de la main droite. Les doigts de la main gauche ne doivent pas appuyer fortement sur les cordes, il suffit de les toucher légèrement pour les empêcher de vibrer.
Quelques exemples d’accords sur le kantele à 10 cordes accordé en Ré majeur (les numéros renvoient aux doigts comme ci-dessus, X indiquant une corde qui ne doit pas être jouée) :

Source : documentation Musicmakers

Notes étouffées et harmoniques

« Les notes étouffées (mattaääni) sont obtenues en étouffant la corde près de la barre métallique et en pinçant la corde de la main gauche en même temps. Le son est plus doux et la vibration dure plus longtemps, à condition de ne pas appuyer trop fort et en lâchant la corde juste après l’avoir pincée. Un timbre un peu différent peut être obtenu en étouffant la corde à la cheville d’accordage et pinçant de la main droite. Vous pouvez également écouter les changements de timbre selon que vous pincez avec des doigts différents ou à d’autres endroits de la corde. Vous pouvez également jouer une note étouffée avec une seule main, en étouffant avec l’annulaire et pinçant de l’index. Dans les partitions, les notes étouffées peuvent être marquées d’une astérisque (*).
Les harmoniques peuvent être jouées en touchant les nœuds de vibration (1/3 , 1/2, etc.) avec l’index gauche tout en pinçant la corde d’un doigt de la main droite. Le toucher de la main gauche doit être léger, exactement au point précis, et le doigt doit quitter la corde immédiatement après l’avoir pincée. Les harmoniques peuvent également être jouées d’une seule main, p.ex. ainsi : placez le côté de votre pouce au point nodal et pincez la corde avec l’index de la même main. Sur certains kanteles les points d’harmoniques sont déjà marqués sur la surface de l’instrument, sur d’autres il faut les marquer vous-même. La marque du jeu d’une harmonique sur une partition est un ‘carreau’ (◊).

Selon la taille du kantele et la longueur des cordes, vous pourrez même obtenir des harmoniques supérieures audibles. »
Extrait de l'ouvrage de A. Kastinen/P. Pirinen (voir la page Apprentissage), traduit par moi.

Improvisation

Dans son livre, Arja Kastinen évoque en ces termes cette tradition, souvent mobilisée à l'occasion d'évènements familiaux ou sociaux : « Tout commence dans le silence et le temps. Une posture de jeu détendue est importante, de même qu'un accordage parfait du kantele, afin que la vibration sympathique soit puissante et le son agréable. Il n'est pas nécessaire de planifier, d'analyser ni même de se souvenir en jouant. Il faut connaître la technique de jeu si bien qu'elle devienne instinctive. Les doigts se déplacent librement, le musicien se concentre sur l'écoute et la musique prend le dessus. C'est le début d'un chemin qui, avec d'autres chemins, forme une route sans fin. Ou peut-être est-ce plutôt un état d'esprit où tout est égal ; il n'y a pas de bons ou de mauvais choix, de bons ou de mauvais sons – tout fait partie intégrante de l'ensemble dès le départ. Si l'on pousse plus loin l'exploration de ce jeu mental, on pourrait dire que lorsqu'on atteint cet état d'esprit, on découvre le monde où toute la musique existe déjà – elle est constituée de sons intemporels qui indiquent au joueur les décisions à prendre, le chemin à emprunter. »