Albert Strenna : enseignant et résistant
Albert STRENNA (1920-2017) est le fils de Jean Jacques STRENNA et le frère d'Elisabeth STRENNA, la grand-mère maternelle de Marine KLEIN. Suite à son décès en 2017, le texte suivant a été rédigé retraçant les principaux jalons de sa vie. Quelques précisions ou corrections ont été ajoutées par moi entre crochets [ ].
Vie et carrière
« Il naît à Cao Bang, au Tonkin, colonie française (actuellement Cambodge [Viêtnam]), le 22 juillet 1920. Son père Jean Strenna était en effet, à l’époque, ingénieur directeur de mines. Il est précédé de deux sœurs : Elisabeth et Renée, et suivi de deux sœurs également : Marinette [Anne-Marie née en 1922 à Cao Bang] et Julienne, mais qui naîtront en métropole.
Il fait ses études primaires dans le Cap corse, berceau de la famille depuis des siècles, et apprend le corse, malgré les interdits dont il était frappé à l’époque par les instituteurs de la République (autres temps, autres mœurs …). Suite à une longue période de chômage liée à la dépression de 1929, son père est contraint d’accepter un poste d’employé de banque à Paris où, désormais, tout la famille habite en location boulevard Brune, dans le XIVe arrondissement. Cet appartement sera occupé par deux de ses sœurs pendant plus de trois quarts de siècle.
Il fait ses études au collège Stanislas puis, après son bac, suit l’enseignement de la khâgne et de l’hypokhâgne, de manière à poursuivre des études de lettres. Il est en même temps secrétaire général de la Jeunesse Etudiante Chrétienne pour la zone occupée. Mais il interrompt ses occupations et ses études pour se lancer dans la résistance à Lyon où il devient responsable de tous les officiers de liaison de la région Rhône-Alpes sous la direction du Général Descour, chef d’état-major régional de l’armée secrète unifiée, qui comptera beaucoup dans sa vie. Il mènera alors une vie d’homme traqué, échappant de peu aux arrestations et voyant une partie des membres de son équipe sur lesquels il veille avec sollicitude, arrêtés, torturés et déportés. Etant donné son importance dans le tissu même de la résistance, il sera exfiltré, sur ordre, du maquis du Vercors dans lequel il s’était rendu et assistera, impuissant, au massacre de tous les résistants par les nazis.
Après la guerre, il reprend ses études et épouse Madeleine Haendler dont il aura deux fils Luc et Bruno et qui sera enseignante comme lui. Une fois agrégé, il commence à enseigner en collège à Saint-Claude [Jura] puis est nommé assistant de latin à la faculté de Dijon où il terminera sa carrière comme maître de conférences. La mort précoce de sa mère Hélène [en 1954] l’affectera beaucoup.
Il se dévoue alors sans compter à ses étudiants, encadrant de nombreux diplômes, les suivant de près toutes et tous, les aidant dans leurs difficultés, y compris personnelles. Il y gagnera leur reconnaissance et leur affection, encore intactes plus de cinquante ans après, mais du coup ne terminera pas sa thèse sur Saint-Augustin dont il est un des spécialistes. Syndicaliste très engagé auprès du SGEN, il jouera un rôle impostant de modérateur lors des événements de 1968 où il sera matraqué par des sbires d’extrême droite.
Il passe en Corse, à laquelle il reste très attaché, presque toutes ses vacances d’été, avec des séjours en Haute-Saône où résident ses beaux-parents.
Une fois à la retraite, dans le cadre de l’Université pour Tous de Bourgogne, il continuera à dispenser son enseignement sur les pères de l’Église qu’il excelle à mettre à la portée de tous.
Très affecté par la mort accidentelle de son épouse puis de son fils cadet Bruno, il rentrera à la maison de retraite des Fassoles [à Talant, Côte-d’Or] où il passera 14 années, dont les dernières dans des conditions très difficiles malgré l’affection de ceux qui le visitent régulièrement, pour s’éteindre le 17 août 2017. »
Légion d'honneur
Le Journal Officiel du 25 avril 2015 fait état de sa nomination au grade de chevalier de la Légion d’honneur « au titre du décret particulier du Président de la République relatif au 70e anniversaire des débarquements et de la Libération ».
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