La famille de Mari
La famille DA MARE ou DE MARI fait partie des plus anciennes familles du Cap Corse.
Leur histoire est notamment décrite dans l'ouvrage suivant dont sont extraits ces éléments :
VERGÉ-FRANCESCHI Michel. Le Cap corse. Généalogies et destins. Ed. Alain Piazzola, Ajaccio, 2006,
« DA MARE (Famille)
Très puissante famille de feudataires capcorsins. Les Da Mare revendiquent une origine carolingienne et leur patronyme viendrait d'Hadumar, comte à Gênes en 775, propre parent de Charlemagne ! Cette origine ne peut guère se vérifier, mais il est vrai que les armes des Da Mare sont identiques à celles des Adhémar de Monteil de Grignan, famille provençale d'extraction également chevaleresque.
- Au Moyen Âge, Ido, descendant de cet Hadumar, a été nommé "vicomte du Cap corse" en 952 par Oberto, marquis de Toscane. Les descendants d'Ido sont légion : parmi eux les Peverelli cité dès 1118, les Avogari (devenus Avogari de Gentile), les Campo de Luri et Angelerius Da Mare (v.1140-Gênes 1178), consul de la commune de Gênes, mort assassiné. Deux de ses fils sont assez bien connus : Guglielmo (v.1170-ap. 1227) présenté comme le "restaurateur de la République" et surtout Ansaldo (v.1175-1254), amiral des empereurs Henri VI et Frédéric II Hohenstaufen. Ansaldo est le premier Da Mare installé en Corse en qualité de premier seigneur génois de San Colombano et de l'îlot voisin de Capraja de 1246 à 1254. San Colombano, au nord du Cap corse, a pour capitale Rogliano et pour principaux ports Centuri et Macinaggio. Son implantation seigneuriale est donc une installation maritime, un véritable préside génois à l'instar de Bonifacio au sud de l'île, et, ultérieurement de Bastia, Calvi et Ajaccio. Des nombreux fils d'Ansaldo, deux furent amiraux : Andriolo (v.1210-ap. 1245) au service de Frédéric II et Henrico (v.1220-ap. 1284) au service de Gênes ; c'est lui qui écrasa les Pisans à La Meloria. Guglielmo vit en 1286 tout comme Barisone (v.1220-v. 1300) et Ansaldino succède à leur père Ansaldo en sa seigneurie de San Colombano. A la mort de Galeotto, ses trois fils se partagent la seigneurie : Babilano (v.1320-1370) devient seigneur de San Colombano (Rogliano, Méria, Cagnano, Barrettali) et rédige les statuts de la seigneurie (1648), en vigueur jusqu'à la disparition de celle-ci en 1641 ; mais son frère Bartolomeo (mort av. 1348) a reçu Luri passé à son fils Anton Giovanni, et son autre frère, Crescione le bâtard reçoit Centuri où il laisse postérité en son château de Cannelle. Le fils de Babilano, Colombano (v. 1350-1388) succède à son père et laisse deux fils co-seigneurs de San Colombano : Urbino (v.1375-1426) mort sans postérité ; et Simone Ier (v.1376-1439) qui fait souche : Simone Ier laisse deux filles et trois fils. Les filles épousent l'une Vincentello II d'Istria (mort ap. 1453) et l'autre épouse Raffaelo de Leca. Des trois fils, Colombano (v.1400-ap. 1439) et Carlo (v.1400-ap. 1439) ne firent pas souche. Mais Pietro (v.1400-1446) est le père de Simone II (v.1432-1464), père à son tour d'une fille (bru de Giacomo Gentile de Brando) et un fils : Giacomo Santo Ier (v.1449-Rogliano 1520).
Jusque là, la famille Da Mare est une maison de très grands feudataires génois. La lignée a pour elle l'extraction chevaleresque, le prestige militaire et naval, un fief parmi les plus beaux de toute l'île, une assez grande autonomie d'action, et de très nombreux vassaux satisfaits visiblement des statuts de 1348. Mais après la grande peste noire de 1348, les choses se compliquent comme dans tout l'Occident chrétien. Dès 1431, Simone Ier dépouille de leurs biens (le château de Cannelle à Centuri) ses cousins Da Mare sous prétexte qu'ils sont issus d'un bâtard (Crescione). Les alliances des Da Mare avec un neveu de Vincentello Ier d'Istrie (exécuté par Gênes en 1434) et avec un Leca (exécuté en 1456) commencent à inquiéter Gênes. C'est assez pour que le gouverneur de Corse Giano de Campofregoso chasse Simone Ier de son château de San Colombano au sommet de Rogliano. Simone l'assiège et reprend la forteresse féodale. Mais désormais les Da Mare sont fort surveillés par Gênes qui leur fait prêter des serments de fidélité successifs à l'Office de Saint-Georges : 1454, 1483.
- Au XVIe siècle, les Da Mare voient s'effondrer leur puissance d'antan. Giacomo Ier Santo (v.1449-1520), seigneur de San Colombano, est en partie responsable du déclin de sa famille. Au lieu de respecter les règles traditionnelles de dévolution de sa seigneurie, il envisage par testament du 18 mai 1520 de partager celle-ci entre ses enfants légitimes et ses enfants naturels issus de sa maîtresse Elisabetta Germone del Campo de Luri. Toutes les deux lui ont donné cinq enfants. Après procès, les bâtards ayant été déboutés, Simon III (v.1480-1530), fils légitime, hérita des deux tiers de la seigneurie ancestrale. Mais sa sœur Georgetta, fille légitime, hérita aussi d'un tiers d'où l'inventaire de toute la succession paternelle réalisé en 1524, aujourd'hui aux mains du Professeur François, marquis de Negroni. Simon III laissa un fils Giacomo II Santo Da Mare (1509-1554), tué au service de France et une fille mariée au célèbre chroniqueur Marc'Antonio Ceccaldi (v.1521-1560). Georgetta, mariée en 1523 à Francesco de Negroni, laissa aussi deux enfants : Giacomo (v.1524-1592) et Pietro Giovanni (v.1525-1555), tué lui aussi au service de France. Afin de redonner une unité à la seigneurie, ce Pietro Giovanni de Negroni épousa la fille unique de son cousin germain Giacomo II Santo : Barbara, dernière du nom de Da Mare. Née vers 1530, et morte ap. 1603/1604, Barbara eut une vie agitée. En 1554, elle a 24 ans lorsque son père est tué au col de Tenda, à la tête de la cavalerie de Sampiero. Les Franco-Turcs ayant débarqué à Macinaggio, il avait été contraint de s'enrôler à leurs côtés, moyennant du reste nombre de privilèges : un grade de colonel, une pension, quelques honneurs. Il y perdit la vie et Andrea Doria vint jusqu'à Rogliano détruire avec deux canons le vieux château féodal construit là par Ansaldo (v.1175-1254). Barbara dut se réfugier dans la tour voisine du château de ses pères : actuelle "Tour de Barbara" et faire inhumer son père en l'église Saint-Agnel de Rogliano, où il repose toujours sous le tableau des frères Piacentini (1731). Dès 1555, Barbara perd son premier mari, Pietro Giovanni de Negroni, tué à 30 ans dans une échauffourée navale contre l'allié turc. Barbara devint alors une sorte d'otage disputé entre le camp franco-turc et le camp hispano-génois, le port de Macinaggio, côté est, hautement stratégique (à cause de son tirant d'eau) dépendant de la seigneurie de San Colombano tout comme celui de Centuri, côté ouest. Le camp français réussit alors à donner un second mari à Barbara, M. de Cros, maréchal de camp aux ordres d'Henri II. Mais les Génois parviennent à donner à Barbara un troisième mari dans la foulée : Nicolo Doria (mort ap. 1571). La belle Barbara au destin acharné ne laissa que deux filles : Lydia de Negroni et sa demi-sœur Maddalena Doria, co-héritières des deux tiers de la seigneurie avec leur cousine germaine Giorgetta de Negroni, fille de Giacomo (v.1524-1592). Aux mains de ces trois femmes, la seigneurie Da Mare périclita et Paolo de'Gentile de Brando (v.1580-ap. 1653) dut vendre à Gênes (1641) les deux tiers de la seigneurie de sa mère Lydia, mariée en 1576 à Gaspare de'Gentile de Brando, et de sa tante Maddalena, mariée en 1571 à Cristoforo Tagliacarne. Seule la branche issue de Georgette de Negroni put conserver le tiers de seigneurie restant jusqu'à la Révolution : il s'agit des marquis de Negroni, toujours établis aujourd'hui en la tour de Barbara, la dernière des Da Mare. »



Représentation de la flotte d'Ansaldo de Mari lors de la bataille de Giglio, d'après la "Chronica Majora" de Matteo da Parigi (~1259).
La branche dont Pierre DE MARI (1715-1800) (Sosa 968 dans l'ascendance de Silje/Espen LANGEN) est issu est celle – dans le schéma II – du 2e fils de Giacomo 1er Santo et de sa maîtresse Elisabetta de Germonetta del Campo de Luri. Six générations séparent Gio-Giacomo et Pierre, qui a épousé Maria FIORAVANTI :
1.Giacomo Santo I DA MARE (1450-1520) &2 Elisabeth GERMONI ou Elisabetta de Germonetto del Campo de Luri
Pour les branches plus récentes, voir Descendance de Mari.
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