Le journal de Carl O. Hagen

Carl O. HAGEN (1754-1827) était l’arrière-arrière-grand-père de Solveig SOLUM, la mère de Jørund LANGEN. Il était connu à son époque et surtout reconnu plus tard comme un précurseur et expérimentateur en matière d’agriculture locale. Il habitait l’une des fermes de Hagen, à 2 km au sud de Lomnes. Sa femme Siri ou Sigrid dont il est question était originaire de Lomnes. Le texte qui suit a été traduit à partir de l’écrit de Øystein RETVEDT pour les 80 ans de sa tante Borgfrid SOLUM.


Son journal commence en 1790 et contient des indications précises sur les semences et les récoltes à Søndre Hagen jusqu'en 1822. En 1807 il commenca également des relevés climatiques qu'il a poursuivies jusqu'à sa mort en 1827.

La ferme de Hagen aujourd'hui
Mais ce journal contient plus que des observation climatiques et relatives aux récoltes. Carl O. Hagen a vécu des années de guerre et de disette avant 1814. Concernant les événements de 1814, il commenta en février les faits de Christian Fredrik [le futur roi de Norvège]. Le prince était en route vers le sud depuis Røros qu'il avait quitté à 7 h. 16 heures plus tard il se trouva 200 km plus au sud, à savoir à Vestgård, Stor-Elvdal. Il avait changé de chevaux cinq fois. Une fois Carl O. Hagen a participé avec son cheval. Il en dit que ce fut « une sacrée course ».
En 1779, Carl O. Hagen avait, à 24 ans, participé à des affrontements entre la Dano-Norvège et la Suède au pont de Kvistrum. Lorsque Karl Johan [le roi] arriva à Rendal en 1814, le sexagénaire Carl O. Hagen vint au presbytère de Øvre Rendal pour voir son ancien ennemi.
Carl O. Hagen cultivait beaucoup de blé. Le blé a gelé une seule fois pendant la durée du journal, à savoir en 1812. Carl O. Hagen partit alors pour Christiania afin de négocier le blé. Il y vendait beaucoup de rondins de bois depuis des années. « En juillet 1812, il faisait froid et il y avait peu de neige, et en 1813 après Noël il y avait raisonnablement peu de neige, et elle a fondu, de sorte que les champs étaient découverts à Christiania ainsi que dans le Hedmark dès le début du mois de mars, et cette année le grain nous a manqué, et il était très cher. Pour un tonneau de seigle 100 Rdl1. Et 1 tonneau d'orge 91 Rdl., 1 tonneau d'avoine 64 Rdl. ; j'ai vendu ceci moi-même, Carl Hagen, à Christiania en 1813 en mars ».
Carl O. Hagen cultiva pas mal de chanvre chaque année, mais mentionne le lin pour la dernière fois en 1812. Il fut parmi les premiers Rendalois à cultiver la pomme de terre. Il en sema 1/3 de tonneau en 1814.
Carl O. Hagen s'y connaissait également en cultures complémentaires au blé. En 1808 il parle de la « mousse de pain » (mousse d'Islande). Il dit qu'elle a fait un bon rendement. Pendant les années 1806-1820 le « maskbrød » (pain de malt) – issu en partie du brassage de bière ou de la distillation d'alcool locales, en partie acheté – joua un rôle presqu'aussi important que le « flatbrød » (pain plat).
Le café était cher et les temps durs. Pendant 15 ans, on consomma en moyenne 50 g de café par semaine à Søndre Hagen. La consommation de sucre pour le café fut également faible. Mais la consommation de tabac fut plus forte. Pour sa propre consommation, il acheta 9 rouleaux de tabac à chiquer par an. En 1808 il note également l'achat d'un rouleau pour Sigrid. Carl O. Hagen tenta aussi de semer des graines de tabac, de maïs et de thé, mais ne dit rien des résultats.
Son journal parle aussi des habitudes vestimentaires. En 1806, il fit faire de nouveaux knickers pour lui-même, alors que pour son fils il fit faire un pantalon, très à la mode.
Jacob B. Bull2 raconte que Siri était l'une des meilleures fileuses de Rendal. A 4 heures du matin on pouvait voir Carl O. Hagen rédiger son journal à la lumière des bougies pendant que sa femme filait. Carl aurait dit : « Tu es tellement bonne fileuse, Siri, que si tu meurs avant moi, je ferai mettre un rouet sur ta tombe ». Mais c'est lui qui est mort le premier, et elle n'a pas eu de rouet sur sa tombe.
Le journal existe toujours. Son propriétaire est le petit-fils du petit-fils de Carl O. Hagen, Karl M. Kværness à Utstu Lomnes. Un extrait du journal a été publié par l'association des exploitants de Rendal.


Depuis la rédaction de ce texte, Karl M. Kværness est mort, ainsi que son fils Karl, et c’est Maren Kværness qui détient le journal.