Le Tarot

D'après le Règlement Officiel en donnes libres de la F.F.T. (Fédération Française de Tarot). Le règlement complet peut être consulté dans ce document qui concerne également l'organisation des tournois, le règlement des compétitions, et contient le Code d'Arbitrage avec la définition des fautes et les sanctions correspondantes.

Présentation

La règle unique établie par la F.F.T. s’est imposée en France, aussi bien pour les championnats officiels que pour les parties amicales, qui souffrent ainsi de moins de discussions.
Le Tarot se pratique avec un jeu de 78 cartes (jeu de Tarot). Il se joue à 3, 4 et 5 joueurs.

Les cartes

Le jeu de Tarot est composé de 78 cartes.

Le 21, le petit et l'excuse sont les 3 bouts (ou les 3 oudlers). C'est autour de ces 3 cartes que s'organise toute la stratégie du jeu de Tarot.

Valeur des cartes

Les cartes se comptent par deux :

Au total 91 points.

Le principe du jeu

Le Tarot en tournoi officiel se joue en règle générale à quatre joueurs.
Le Tarot est à la fois un jeu individuel et un jeu d'équipe. En effet, au cours de la partie, l'un des joueurs, appelé le preneur (ou le déclarant) est opposé aux trois autres, les défenseurs, qui constituent une équipe (la défense). Mais cette association ne dure que le temps d'une donne. Elle peut se constituer différemment pour la donne suivante.
Après avoir pris connaissance de son jeu, un joueur peut s'engager à atteindre un certain nombre de points en jouant seul contre ses trois adversaires associés.
Combien de points le preneur seul doit-il réaliser pour gagner son contrat ? Cela dépend uniquement du nombre de bouts qu'il détient dans ses levées ou plis à la fin de la donne.

Points à réaliser

Ce tableau vous permet de découvrir l'importance considérable des bouts. Le 21 et l'excuse ne peuvent changer de camp. Mais attention, l'excuse ne doit pas être jouée à la dernière levée, sauf en cas de chelem, sinon elle change de camp. Le petit, au contraire, est vulnérable. Le déclarant peut le perdre... ou le prendre à ses adversaires à la suite de la fameuse CHASSE AU PETIT.

La distribution

Avant la première distribution, on étale le jeu, face cachée, et chaque joueur tire une carte au hasard. La plus petite carte désigne le donneur. En cas d'égalité entre les deux plus faibles, on respecte l'ordre de priorité entre les couleurs : Pique, Cœur, Carreau, Trèfle ; l'as de Trèfle est donc la plus petite carte. Les atouts sont prioritaires,
mais l'excuse ne compte pas : il faut retirer dans ce cas une nouvelle carte. Le jeu doit obligatoirement être battu par le joueur placé en face du donneur.
Puis le voisin de gauche du donneur doit couper en 2, en prenant ou en laissant obligatoirement plus de 3 cartes, et doit refermer lui-même le tas.
Les joueurs donnent à tour de rôle dans le sens du jeu.
Le donneur distribue les cartes trois par trois, dans le sens contraire des aiguilles d'une montre. Au cours de la distribution, le donneur constitue carte par carte un talon de 6 cartes appelé le chien. Il est interdit de mettre la première ou la dernière carte du paquet au chien. Chaque joueur reçoit ainsi 18 cartes. Les 6 cartes du chien doivent
être placées au centre du tapis et non vers le donneur.
Une fois la distribution terminée, le donneur doit montrer aux autres joueurs qu’il a bien mis 6 cartes au chien.
Les joueurs ne peuvent toucher les cartes et relever leur jeu que lorsque la distribution est entièrement terminée (une pénalité peut être donnée par l'arbitre au joueur ayant touché ou ramassé ses cartes avant la fin de la distribution).
Toute faute commise au cours de la distribution entraîne une nouvelle distribution par le même donneur. Le fautif n’aura pas le droit de participer aux enchères sur cette même donne. En cas de faute du donneur (fausse donne), chaque joueur rend son jeu sans le regarder ; on évite ainsi regrets et mauvaise humeur.

La tenue des cartes

Tous les joueurs prennent obligatoirement connaissance de leur jeu dès la fin de la distribution.
Chaque joueur doit tenir ses cartes au-dessus de la table de manière apparente, jusqu’à la dernière carte jouée.
Un joueur possédant le petit sec (c'est son seul atout et il n'a pas l'excuse) doit obligatoirement l'annoncer, étaler son jeu et annuler la donne avant les enchères.
Le voisin de droite du donneur procède à une nouvelle distribution. Si la découverte d’un petit sec chez un joueur (qui ne l’aurait pas signalé) intervient en cours de jeu, la donne est annulée et on passe au donneur suivant.

Les enchères

Il n'est pas indispensable de classer ses cartes avant la fin des enchères, mais pour un débutant un jeu bien classé permet une évaluation plus précise.
Le joueur placé à droite du donneur parle le premier. S'il dit "je passe", la parole passe alors à son voisin de droite et ainsi de suite, jusqu'au donneur. Si les quatre joueurs passent, le voisin de droite du donneur procède à une nouvelle distribution.
Un joueur peut lancer une enchère s'il estime que son jeu lui permet de jouer seul contre les trois autres joueurs. Il dit alors "prise ou petite", " garde", "garde sans le chien" ou "garde contre le chien". Les autres joueurs, placés à sa droite peuvent éventuellement couvrir cette première enchère par une enchère supérieure. Chaque joueur ne peut parler qu'une seule fois.
Les enchères par ordre croissant sont :

Le chien et l'écart

Sur une prise ou une garde, lorsque les enchères sont terminées, seul le donneur tend le chien au preneur qui retourne alors les 6 cartes du chien, les classe par couleur, puis les incorpore à son jeu après s’être assuré que les autres joueurs l’aient vu. Il réalise son écart, 6 cartes qui restent secrètes pendant toute la partie et qui seront comptabilisées avec ses levées. Pendant ce temps, les 3 autres joueurs s’assurent qu’ils ont bien 18 cartes.
On ne peut écarter ni roi, ni bout. On n’écarte des atouts que si cela s'avère indispensable et en les montrant à la défense.
Lorsqu'il a terminé son écart, le preneur doit montrer aux autres joueurs qu’il a bien mis 6 cartes à l’écart. Il dit ensuite "jeu". Une fois que le preneur a dit "jeu" ou fait action de jeu (présentation poignée, jeu d’une carte …) la donne est commencée et l'écart ne peut plus être ni modifié, ni consulté. Néanmoins, dans le cas de la présentation d’une poignée (ou double ou triple), le preneur qui reprend son écart à la place de son jeu (16, 19 ou 21 cartes au lieu de 18) pourra rectifier s’il n’a pas joué sa première carte. S’il a joué sa première carte, la règle du faux écart sera appliquée.
Sur une garde sans le chien ou une garde contre le chien, les cartes du chien restent faces cachées. Sur une garde sans le chien, elles sont placées devant le preneur et seront comptabilisées avec ses levées. Sur une garde contre le chien, elles sont données face cachée au défenseur qui est face au preneur, et elles seront comptabilisées avec les levées de la défense.

Le chelem

Réussir le CHELEM, c'est gagner toutes les levées. Lorsqu’un joueur demande un chelem, il doit toujours appeler l’arbitre (l’accord du chelem est limité à une carte perdante).
Le chelem est demandé après l’annonce d’un contrat ; les points sont comptés en fonction du contrat demandé et une prime (ou une pénalité) supplémentaire sanctionne la réussite (ou l'échec) de ce chelem :

En cas d'annonce du chelem, l'entame revient de droit au joueur qui l’a demandé, quel que soit le donneur.
Pour réaliser un chelem, le preneur doit obligatoirement faire tous les plis. S’il détient l’excuse, il la jouera en dernier. En conséquence, le petit sera considéré au bout s'il est joué à l'avant-dernier pli.
Paradoxalement, il arrive que la défense inflige un chelem au déclarant. Dans ce cas, chaque défenseur reçoit, en plus de la marque normale, une prime de 200 points.

La poignée (10, 13 ou 15 atouts)

Un joueur possédant une poignée peut, s'il le désire, l'annoncer et la présenter juste avant de jouer sa première carte. Les atouts doivent être classés dans l'ordre.
L'excuse peut remplacer un atout manquant mais la présentation de l’excuse dans la poignée implique que l'annonceur n'a pas d'autre atout. L’excuse peut être à n’importe quel endroit de la poignée.
La poignée doit comprendre effectivement DIX, TREIZE ou QUINZE atouts.
Lorsqu'un joueur possède ONZE, DOUZE, QUATORZE, SEIZE atouts, il doit en cacher un ou plus de son choix. Lorsque le preneur possède 4 Rois et 15 atouts, l’atout (ou les atouts) écarté(s) doit être remontré avec la triple poignée qui est alors comptabilisée.

Ces primes gardent la même valeur quel que soit le contrat. La prime est acquise au camp vainqueur de la donne.
Exemples :

Le petit au bout

Si le petit fait partie de la dernière levée, on dit qu'il est au bout. Le camp qui réalise la dernière levée, à condition que cette levée comprenne le petit, bénéficie d'une prime de 10 points, multipliable selon le contrat, quel que soit le résultat de la donne.
Exemples :

Le jeu de la carte

Le déclarant ayant terminé son écart dit "jeu".
L'ENTAME (la première carte jouée) est effectuée par le joueur placé à droite du donneur. Puis chaque joueur joue à son tour, en tournant dans le sens inverse à celui des aiguilles d'une montre.
Le joueur ayant réalisé la première levée entame la levée suivante. Et ainsi de suite. Le jeu se déroule alors selon les règles suivantes :

Le calcul des scores

A la fin de la partie, on compte les points contenus dans les levées du preneur d'une part, et dans celles de la défense d'autre part.
Pour gagner son contrat, le preneur doit réaliser un nombre de points minimum qui est fonction du nombre de bouts qu'il possède dans ses levées à la fin de la partie (en cas de garde sans le chien, un éventuel bout au chien est acquis au preneur). Si le nombre de points est exactement réalisé, le contrat est "juste fait"; si le nombre de points est supérieur, les points supplémentaires sont des points de gain; si le nombre de points est inférieur, le contrat est chuté et le nombre de points manquants correspond à des points de perte.
Tout contrat valant arbitrairement 25 points, on rajoute 25 points au nombre de points de gain ou de perte.
Ce nouveau total est assorti d'un coefficient selon le contrat demandé :

Enfin, les éventuelles primes de poignée, de petit au bout ou de chelem sont ajoutées.

La marque en donnes libres

En tournoi libre à 4 joueurs, chaque défenseur marque un même nombre de points : en négatif si le preneur gagne, en positif si le preneur chute. Le preneur marque trois fois ce total : en positif s'il a gagné, en négatif s'il a chuté. Le total des quatre scores (du preneur et de chacun des trois défenseurs) est donc égal à 0.
Exemples de marque de points :

L’éthique du jeu

Chaque joueur doit toujours avoir une attitude courtoise vis à vis de ses partenaires ou adversaires. Il doit soigneusement éviter toute remarque ou tout agissement qui pourrait énerver ou gêner un autre joueur ou gâcher le plaisir du jeu.
Les hésitations injustifiées, les enchères kamikazes, le maniérisme, les marques d’approbation ou de désapprobation, les commentaires discourtois, sont inconvenants à une table de tarot. La modération dans le ton et dans les remarques est une garantie du bon déroulement du tournoi.

Le tarot à 3 joueurs

La règle est quasiment la même qu’à 4 joueurs. Les contrats sont identiques. Par contre, les cartes sont distribuées 4 par 4, (le Chien étant toujours constitué de 6 cartes). Chaque joueur reçoit ainsi 24 cartes.
La simple Poignée est composée de 13 Atouts, la double Poignée de 15 Atouts et la triple Poignée de 18 Atouts.
Lors du décompte, il faut compter au ½ point près. Si le nombre de points n’est pas entier, le ½ point va toujours au camp gagnant après que le camp possédant l’Excuse ait donné normalement une carte :

Pour la marque, le calcul des points alloués aux défenseurs est le même qu’à quatre joueurs. Par contre, les points du preneur sont multipliés par 2. Le total des trois scores (du preneur et de chacun des deux Défenseurs) est donc égal à 0.

Le tarot à 5 joueurs

La règle est légèrement différente du jeu à 4 joueurs.
Les cartes sont distribuées 3 par 3, et le Chien est constitué de 3 cartes. Chaque joueur reçoit ainsi 15 cartes.
Les contrats sont identiques.
Avant de retourner le Chien, le preneur appelle un Roi de son choix. Lorsque le preneur a 4 Rois, il peut appeler une Dame (voire même un Cavalier s'il a 4 Rois et 4 Dames ou un Valet s’il a 4 grands mariages). Si le preneur possède un jeu exceptionnel il peut s’appeler lui-même en appelant un Roi faisant partie de son jeu.
Si la carte appelée est au Chien ou si le preneur s’est appelé, alors le preneur joue seul contre les quatre autres joueurs (défenseurs). Sinon le détenteur de la carte appelée devient son partenaire (associé) et le jeu se joue à 2 (le preneur et l’associé) contre 3.
L’entame ne peut pas être faite dans la couleur de la carte appelée par le preneur sauf si cette entame est faite de la carte appelée.
Le partenaire du preneur ne doit pas faire état de son appartenance au camp attaquant jusqu'à ce qu’il joue le Roi appelé même si son comportement de jeu laisse peu d’illusions aux adversaires : il peut donner des points au preneur ou son Petit.
La simple Poignée est composée de 8 Atouts, la double Poignée de 10 Atouts et la triple Poignée de 13 Atouts.
Lors du décompte, il faut compter au ½ point près. Si le nombre de points n’est pas entier, le ½ point va toujours au camp gagnant après que le camp possédant l’Excuse ait donné normalement une carte :

Pour la marque, le calcul des points alloués aux défenseurs est le même qu’à quatre joueurs. Les points sont attribués, en + ou en – selon la réussite ou la chute, proportionnellement entre les deux attaquants (2/3 pour le preneur, 1/3 pour le partenaire).
Dans le cas où le preneur aurait joué à 1 contre 4, il encaisse la totalité des points en + ou en - selon sa réussite ou sa chute. Le total des cinq scores (du preneur, du Partenaire et de chacun des trois Défenseurs) est donc égal à 0.